Prix Paul Grenier 2010

Les crustacés des chailles de Haute-Saône (Oxfordien) :
systématique, paléobiodiversité et paléoécologie


Ce prix récompense le mémoire que Dimitri Pérès a rédigé à la fin de son stage de deuxième année de Master (anciennement DEA) à l'Université Pierre et Marie Curie. C'est l'aboutissement de six mois de travail effectué au sein du laboratoire de Paléontologie du MNHN, sous la conduite de Sylvain Charbonnier, spécialiste du gisement de La Voulte et des crustacés fossiles au Muséum, et responsable de la typothèque des invertébrés avec Didier Merle et Jean-Michel Pacaud.

Pour ce mémoire, Dimitri a abordé plusieurs domaines de la paléontologie (stratigraphie, morphologie, systématique, écologie) et utilisé les méthodes qui leurs sont propres. C'est un travail de paléontologie moderne dans une approche naturaliste.

Il a fait l'objet d'un article dans la revue du MNHN, Geodiversitas, cosigné par Sylvain Charbonnier, Dimitri Pérès et Charlène Letenneur, illustratrice au laboratoire de paléontologie.

Résumé

Les argiles à chailles du département de Haute-Saône (Haut Jura, Oxfordien inférieur) livrent des crustacés fossiles préservés en volume dans des nodules siliceux. Ces crustacés ont été principalement étudiés au XIXe siècle par Etallon (1859, 1861) puis révisés succinctement par Van Straelen (1925) et Petitclerc (1927). Exceptés ces travaux pionniers, aucune étude globale n'a été réalisée sur la faune carcinologique des argiles à chailles.

Le présent travail se base sur un ensemble de 380 nodules provenant de 26 gisements. Des analyses qualitatives et quantitatives permettent de déterminer la richesse taxinomique et la composition de la faune des argiles à chailles.

Cette faune est essentiellement composée des genres Glypheidae et d'Erymidae ; et plus particulièrement des espèces G. regleyana (50% des spécimens), E. ventrosa (24%) et G. munsteri (18%). Ces trois espèces ont été redécrites grâce à la préparation de nouveaux échantillons. La comparaison avec les espèces actuelles de glyphées a permis de mieux comprendre l'anatomie des formes fossiles et de tester par des mesures, des hypothèses de dimorphisme sexuel.

Enfin, une reconstitution paléoenvironnementale basée sur les données géologiques et actuelles est proposée : les crustacés des chailles de Haute-Saône évoluaient probablement dans un milieu de plate-forme carbonatée relativement profonde.



(a) Glyphea munsteri
Photo C. Lemzaouda


(b) Dessin du spécimen (a)
Photo C. Lemzaouda


(c) Céphalothorax d'un autre spécimen de
Glyphea munsteri

Photo C. Lemzaouda